Le 25 novembre 2025 s’est tenu le deuxième colloque étudiant international du partenariat cinEXmedia à l’Université de Montréal. L’événement a permis d’examiner les méthodes d’étude de l’expérience cinématographique en contexte scientifique.
Léa Tétrault

Le second colloque international étudiant de cinEXmedia, intitulé « Étudier l’expérience cinématographique : processus, méthodes et défis », s’est tenu le 25 novembre 2025 à l’Université de Montréal. Pendant toute une journée, plus d’une dizaine d’invité·es y ont partagé les fruits de leurs recherches portant sur la subjectivité inhérente à l’expérience cinématographique et sur les manières de l’analyser en contexte scientifique. Piloté par le comité des activités étudiantes du partenariat, l’événement a de nouveau connu un franc succès.
« L’objectif de cette seconde édition était de mieux comprendre, concrètement, quelles méthodes scientifiques peuvent rendre compte de l’expérience vécue par les personnes qui regardent des contenus audiovisuels », explique Maude Sills-Néron, responsable du comité. C’est aussi elle qui a prononcé le discours d’ouverture de l’événement.
Toutefois, l’expérience cinématographique a également été abordée « plus largement », nuance Maude Sills-Néron, afin d’interroger « l’étude des médias audiovisuels et de leur réception, ainsi que les défis méthodologiques qu’ils renferment. Pas seulement parce que la réception est intrinsèquement subjective, poursuit-elle, mais aussi parce que ces objets d’étude sont multiples : ils mobilisent plusieurs sens, sollicitent diverses charges cognitives et sont consommés à travers une multitude de dispositifs, dans des contextes variés qui ne sont pas nécessairement des laboratoires, par exemple. Alors, comment produire des connaissances sur ces expériences sans les dénaturer, sans les aseptiser ? »
Elen Lotman, réalisatrice, chercheuse et professeure à l’Université de Tallinn, en Estonie, a présenté la conférence d’ouverture, intitulée « Film in Mind : Towards Understanding Experiential Heuristics of Professional Filmmaking ». Elle y a exposé ses travaux récents visant à démontrer comment les cinéastes peuvent prendre des décisions créatives dans leur pratique non seulement à partir de règles théoriques, mais aussi grâce à des procédés cognitifs issus de la représentation mentale de leur projet, en amont. « L’écran constitue un champ d’études très riche et pertinent pour comprendre comment l’esprit humain fonctionne », a-t-elle affirmé.
D’ailleurs, la cinéaste n’a pas tant proposé un modèle pour comprendre la réception d’un film que des hypothèses sur les manières d’étudier les films afin de mieux saisir comment ceux-ci peuvent se révéler le fruit de représentations mentales subjectives. Sa présentation a néanmoins permis d’ouvrir la réflexion sur les éléments qui influencent notre perception des films et sur les détails auxquels il convient de s’attarder.
cinEXmedia, tourné vers sa communauté
Dans les parties suivantes du colloque, une dizaine d’étudiant·es, dont trois candidats au doctorat en recherche-création de l’Université de Montréal, soit Julien Bouthillier, Chedly Boughedir et Mehdi Bouzoubâa, ont partagé leurs réflexions sur des questions connexes. Les sujets abordés ont varié, allant du cinéma d’horreur extrême à l’autoethnographie, et couvrant différentes disciplines, comme les études télévisuelles et les études culturelles. Le colloque s’est ainsi inscrit « dans l’approche intersectorielle du partenariat », souligne Maude Sills-Néron.
Un autre objectif de l’événement était de permettre aux invité·es de tisser des liens. « Nous ne sommes pas toujours porté·es à aller voir ce que les chercheur·ses font dans d’autres universités, mais c’est cela, en fait, qui permet de faire avancer sa recherche, d’évaluer sa démarche et d’ouvrir ses horizons », soutient l’organisatrice.
Toujours soucieuse d’atteindre cet objectif et de faire rayonner la recherche des étudiant·es de la communauté de cinEXmedia, elle se dit d’ailleurs ouverte aux propositions externes : « Le comité des affaires étudiantes s’est affiché sur le site Web du partenariat pour que nos adresses courriel soient accessibles, afin que tout le monde puisse nous écrire et nous proposer des idées, et ainsi contribuer à améliorer notre travail. »
