Histoire du Laboratoire CinéMédias

Le Labo­ra­toire Ciné­Mé­dias est l’une des plus impor­tantes struc­tures de recherche en études ciné­ma­to­gra­phiques et média­tiques en Amé­rique du Nord. Situé au pavillon Lio­nel-Groulx de l’Université de Mont­réal, au sein du Dépar­te­ment d’histoire de l’art, de ciné­ma et des médias audio­vi­suels, il regroupe plu­sieurs équipes et pro­jets de recherche (TECHNÈS, GRAFIM, OCQ, PRAGM/e, cinEXmedia) et ras­semble près d’une ving­taine d’étudiant·es et de professionnel·les.

Issu d’une tra­di­tion de recherche remon­tant aux années 1990, notam­ment avec la fon­da­tion du GRAFICS en 1992, le Labo­ra­toire Ciné­Mé­dias a été offi­ciel­le­ment inau­gu­ré en 2016 par le pro­fes­seur André Gau­dreault. Il est rat­ta­ché à la Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­ma­to­gra­phiques et média­tiques. Depuis 2018, il est diri­gé par San­tia­go Hidal­go, pro­fes­seur au Dépar­te­ment d’histoire de l’art, de ciné­ma et des médias audio­vi­suels et cher­cheur asso­cié au CRIUGM et au CÉAMS. 

Le Labo­ra­toire Ciné­Mé­dias pro­pose une approche inté­grée du ciné­ma et des médias, atten­tive à leurs effets, à leurs usages et à leurs évo­lu­tions. Il se posi­tionne ain­si comme un espace de recherche inter­dis­ci­pli­naire capable de répondre aux enjeux contem­po­rains des socié­tés média­ti­sées, tout en contri­buant acti­ve­ment à la for­ma­tion, à la dif­fu­sion des savoirs et au dia­logue entre les milieux aca­dé­miques et non académiques.


Une programmation scientifique en trois volets

1. Cinéma et bien-être

Le pre­mier volet s’intéresse à l’expé­rience spec­ta­to­rielle et aux effets des images en mou­ve­ment sur le bien-être. Il explore les dimen­sions sen­sibles, cog­ni­tives et sociales de la ren­contre avec les œuvres audio­vi­suelles, en met­tant au cœur de la réflexion les usages contem­po­rains des écrans. Il mobi­lise une approche inter­dis­ci­pli­naire et inter­sec­to­rielle, à la croi­sée des études ciné­ma­to­gra­phiques, des sciences de la san­té et de plu­sieurs sciences humaines.

Les recherches portent notam­ment sur le ciné­ma thé­ra­peu­tique, ain­si que sur les liens entre ciné­ma et san­té, qu’il s’agisse de san­té men­tale, de bien-être ou de qua­li­té de vie. Un inté­rêt par­ti­cu­lier est por­té à cer­tains contextes spé­ci­fiques de récep­tion et à des publics variés, notam­ment en lien avec l’enfance, le vieillis­se­ment, le som­meil et les rêves.

Ce volet vise à mieux com­prendre com­ment les images agissent sur les indi­vi­dus et les groupes, et à déve­lop­per des approches inno­vantes, inclu­sives et inter­sec­to­rielles où le ciné­ma peut deve­nir un outil d’accompagnement, de soin ou de trans­for­ma­tion des expé­riences vécues.


2. Littératie audiovisuelle : cinéma et éducation

Le deuxième volet est consa­cré à la lit­té­ra­tie audio­vi­suelle, enten­due comme la capa­ci­té à accé­der aux images, les ana­ly­ser et les uti­li­ser de manière cri­tique et créative.

Les recherches s’intéressent à la manière dont les œuvres audio­vi­suelles sont construites, aux codes et aux biais qui les tra­versent, ain­si qu’aux enjeux de repré­sen­ta­tion, de stig­ma­ti­sa­tion et d’acces­si­bi­li­té. Ce tra­vail s’inscrit dans une volon­té de mieux com­prendre les condi­tions de cir­cu­la­tion des images et leurs effets dans dif­fé­rents contextes sociaux et culturels.

Ce volet com­prend éga­le­ment une dimen­sion péda­go­gique impor­tante, avec le déve­lop­pe­ment d’activités d’enseignement et d’ateliers, notam­ment en milieu sco­laire. L’objectif est de don­ner accès aux savoirs et de créer des ponts entre les milieux aca­dé­miques, édu­ca­tifs et cultu­rels, afin de favo­ri­ser une appro­pria­tion éclai­rée des médias.


3. Transformations des techniques et technologies

Le troi­sième volet explore l'évolution des tech­niques et des tech­no­lo­gies du ciné­ma, en arti­cu­lant une pers­pec­tive his­to­rique et une réflexion sur les trans­for­ma­tions contemporaines.

Les recherches portent sur les inno­va­tions tech­no­lo­giques, leur évo­lu­tion et leurs effets sur les pra­tiques ciné­ma­to­gra­phiques, ain­si que sur les enjeux liés aux archives et au patri­moine. Une atten­tion par­ti­cu­lière est accor­dée à la maté­ria­li­té des sup­ports, aux for­mats et aux dis­po­si­tifs, ain­si qu’aux pra­tiques telles que le mon­tage.

Ce volet inclut éga­le­ment l’étude du ciné­ma des pre­miers temps et des condi­tions d’émergence des formes média­tiques, afin de mieux com­prendre les conti­nui­tés et les rup­tures qui tra­versent l’histoire du ciné­ma. Il met en lumière les trans­for­ma­tions des tech­niques, en tenant compte de leurs dimen­sions esthé­tiques, cultu­relles et scientifiques.


Thèmes transversaux et missions du Laboratoire

Au croi­se­ment de ses trois volets de recherche, le Labo­ra­toire Ciné­Mé­dias déve­loppe une approche réso­lu­ment trans­ver­sale, atten­tive aux cir­cu­la­tions entre dis­ci­plines, milieux et pratiques.

Cer­tains enjeux struc­tu­rants tra­versent l’ensemble de ses acti­vi­tés, notam­ment les usages et les impli­ca­tions de l’intelligence arti­fi­cielle, la ques­tion du rythme — envi­sa­gée comme un prin­cipe à la fois esthé­tique, cog­ni­tif et scien­ti­fique — ain­si que l’inter­sec­to­ria­li­té, qui favo­rise le dia­logue entre les domaines de la culture, de l’éducation, de la san­té et de la recherche. Ces pers­pec­tives contri­buent à renou­ve­ler les manières d’aborder les images en mou­ve­ment et leurs effets dans la société.

Le Labo­ra­toire accorde éga­le­ment une place impor­tante à la for­ma­tion des étudiant·es et à l’accompagnement de la relève. Il met à leur dis­po­si­tion un envi­ron­ne­ment de tra­vail com­plet, incluant une biblio­thèque spé­cia­li­sée (ouvrages, films, revues, archives mul­ti­mé­dias), des espaces de tra­vail et des postes de mon­tage, ain­si qu’un sou­tien dans les démarches de finan­ce­ment. Des équi­pe­ments dédiés, tels que des outils de numé­ri­sa­tion et du maté­riel de cap­ta­tion audio­vi­suelle, viennent appuyer les acti­vi­tés de recherche et de création.

Enfin, le Labo­ra­toire contri­bue acti­ve­ment à la mobi­li­sa­tion des connais­sances à tra­vers des ini­tia­tives édi­to­riales et des pro­jets de dif­fu­sion qui favo­risent l’accessibilité des savoirs. Ceux-ci prennent la forme de col­lec­tions, de revues scien­ti­fiques et inter­sec­to­rielles (dont Nou­velles vues et Écrans croi­sés), ain­si que de pro­jets numé­riques et col­la­bo­ra­tifs. L’ensemble de ces acti­vi­tés contri­bue à assu­rer la cir­cu­la­tion des connais­sances au-delà du milieu aca­dé­mique, notam­ment par leur inté­gra­tion dans des contextes d’enseignement, de créa­tion et d’intervention. Elles par­ti­cipent ain­si à struc­tu­rer des inter­ac­tions sou­te­nues entre recherche, pra­tiques audio­vi­suelles et milieux d’application.