André Gau­dreault, pro­fes­seur à l’Université de Mont­réal, est titu­laire de la Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­ma­to­gra­phiques et média­tiques (2015-2022) – pre­mière chaire de recherche de niveau 1 jamais accor­dée dans le champ des études ciné­ma­to­gra­phiques par le Pro­gramme des chaires de recherche du Cana­da – sous l’égide de laquelle il a fon­dé en 2016 le Labo­ra­toire CinéMédias.

La Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­ma­to­gra­phiques et média­tiques a pour mis­sion d’interroger le rôle de l’innovation tech­no­lo­gique dans le déve­lop­pe­ment des formes et des pra­tiques ciné­ma­to­gra­phiques, en s’attardant plus pré­ci­sé­ment aux deux extré­mi­tés du conti­nuum his­to­rique : l’avènement, au tour­nant du ving­tième siècle, du ciné­ma pro­pre­ment dit et, un siècle plus tard, l’irruption du numé­rique dans le pay­sage média­tique. Depuis 2018, ce man­dat s’est élar­gi en ouvrant l’interdisciplinarité des recherches menées au sein du Labo­ra­toire Ciné­Mé­dias sur une inter­sec­to­ria­li­té qui mise sur la col­la­bo­ra­tion de cher­cheurs en ciné­ma avec des cher­cheurs en neu­ro­lo­gie, en bio­mé­ca­nique, en phy­sique et en psy­cho­lo­gie pour conduire des réflexions et des expé­ri­men­ta­tions sur le mode des sciences « dures ».

 

Site offi­ciel d’André Gaudreault

Axes de recherche

Épistémologie des techniques et des technologies du cinéma

Cet axe vise à étu­dier les dis­cours sur les tech­niques et tech­no­lo­gies du ciné­ma tels qu’ils ont été for­mu­lés par les éta­blis­se­ments de trans­mis­sion des savoirs cultu­rels (musées, ciné­ma­thèques, écoles, revues, biblio­thèques, etc.), en tenant compte de leur évo­lu­tion depuis l’avènement du ciné­ma jusqu’à l’ère numérique.

Si cet axe contri­bue inévi­ta­ble­ment à par­faire une his­toire tech­no­lo­gique encore frag­men­taire, le but prin­ci­pal d’un tel téles­co­page tem­po­rel n’est pas de tra­cer une filia­tion sim­pliste entre deux périodes mar­quées par l’arrivée d’une nou­velle tech­no­lo­gique majeure (le dis­po­si­tif du ciné­ma pho­to­chi­mique et le ciné­ma numé­rique). En effet, s’il est un acquis de la recherche sur le ciné­ma des pre­miers temps qu’il est néces­saire d’intégrer à notre com­pré­hen­sion des médias numé­riques, c’est bien de ne pas le conce­voir comme un objet auto­nome, mais comme un objet mul­tiple, au croi­se­ment de plu­sieurs séries cultu­relles, tech­no­lo­gies et ins­ti­tu­tions. L’archéologie des médias ne pense pas l’histoire en termes binaires ou généa­lo­giques, mais cherche à créer de nou­velles conti­nui­tés, en se frot­tant à des sources sou­vent négli­gées. Aus­si, cet axe ne s’intéresse pas à la dimen­sion stric­te­ment « maté­rielle » de la tech­no­lo­gie, mais plu­tôt à sa dimen­sion épis­té­mo­lo­gique, et cher­che­ra dans diverses mani­fes­ta­tions dis­cur­sives cer­tains motifs récur­rents per­met­tant d’expliquer la place qu’occupe la tech­no­lo­gie dans la façon de conce­voir le ciné­ma, de l’enseigner et d’en écrire l’histoire.

Pour­tant cen­trale chez les pre­miers com­men­ta­teurs du ciné­ma, la ques­tion tech­nique s’étiole durant le pro­ces­sus d’institutionnalisation du ciné­ma, jusqu’à céder le pas à d’autres enjeux, tels que les films, les auteurs et les cou­rants. Confi­nées aux milieux des col­lec­tion­neurs et des pra­ti­ciens (cinéastes, mon­teurs, direc­teurs pho­to, ensei­gnants, etc.), les pré­oc­cu­pa­tions tech­niques sem­blaient avoir déser­té le dis­cours scien­ti­fique sur le ciné­ma. Il fau­dra attendre l’arrivée du numé­rique pour que la tech­no­lo­gie réap­pa­raisse avec force dans les dis­cours sur le ciné­ma. Dans la fou­lée du numé­rique, en effet, voi­là que les camé­ras, pro­jec­teurs, sup­ports de dif­fu­sion, effets spé­ciaux, et autres rede­viennent des objets dignes d’investigation. Qu’est-ce qui explique cette résur­gence ? Se peut-il que la tech­no­lo­gie soit la caté­go­rie épis­té­mo­lo­gique qui incarne le mieux l’idée d’innovation et, qu’à cet égard, elle per­mette plus aisé­ment de don­ner forme aux craintes et aux aspi­ra­tions qui accom­pagnent tout chan­ge­ment d’envergure ? Est-ce que, pour reprendre le modèle de la double nais­sance des médias, ces dis­cours sur la tech­no­lo­gie jouent un rôle néces­saire dans le pas­sage de la période inté­gra­tive du nou­veau média à celle de son auto­no­mi­sa­tion ins­ti­tu­tion­nelle ? Que contiennent les pre­miers dis­cours qui com­mentent l’impact des tech­no­lo­gies ciné­ma­to­gra­phiques sur la for­ma­tion d’une approche dis­ci­pli­naire et sur les pra­tiques d’enseignement de celle-ci ? En ce sens, la Chaire s’intéresse aux dis­cours qui com­mentent l’impact des tech­no­lo­gies sur les pra­tiques cultu­relles déjà éta­blies, ain­si qu’à ceux qui anti­cipent leur impact futur, avec appré­hen­sion ou utopisme.

Identité du cinéma à l’aune du post-média

Cet axe vise à lever le voile sur la déli­cate ques­tion de l’identité du ciné­ma, alors que la dis­tinc­tion entre les médias s’estompe de plus en plus. Est-ce que le ciné­ma conser­ve­ra une cer­taine spé­ci­fi­ci­té même s’il est de plus en plus inves­ti par d’autres médias et pour d’autres fins que celles qu’on lui connais­sait à l’époque du ciné­ma clas­sique ? La « digi­ta­li­sa­tion crois­sante du ciné­ma » est-elle le prin­ci­pal fac­teur qui explique les bou­le­ver­se­ments actuels ? Ces ques­tions d’ordre théo­rique néces­sitent que l’on se penche sur le rôle chan­geant des salles de ciné­ma et sur l’impact des nou­veaux modes de dis­tri­bu­tion et de dif­fu­sion asso­ciés aux pla­te­formes numé­riques, afin de les confron­ter aux pra­tiques dites « clas­siques » du cinéma.

Cette réflexion se concentre sur les déve­lop­pe­ments les plus récents du média, prin­ci­pa­le­ment en ce qui a trait au « hors-film » – ces pro­jec­tions d’événements cultu­rels et spor­tifs qui ont lieu dans les salles de ciné­ma – et au « hors-ciné­ma » – ces trans­mis­sions de films sur pla­te­formes numé­riques per­son­nelles. Ces deux caté­go­ries exem­pli­fient par­fai­te­ment la per­méa­bi­li­té et la mobi­li­té des conte­nus média­tiques à l’ère du numé­rique et sont au centre de la crise iden­ti­taire actuelle. Deux exemples pré­cis anime par­ti­cu­liè­re­ment la recherche. D’une part, les opé­ras fil­més – comme ceux dif­fu­sés en direct, sur grand écran, par le MET de New York – qui se pré­sentent comme une réap­pro­pria­tion ori­gi­nale de la salle de ciné­ma tra­di­tion­nelle. L’une des pre­mières mani­fes­ta­tions cultu­relles non fil­miques à s’immiscer dans les mul­ti­plex, les opé­ras fil­més modi­fient radi­ca­le­ment le « dis­po­si­tif de base » de la salle de ciné­ma et la pos­ture spec­ta­to­rielle clas­sique, en plus de béné­fi­cier d’une vitrine pro­mo­tion­nelle et d’une cou­ver­ture jour­na­lis­tique signi­fi­ca­tive, ce qui en faci­lite l’examen atten­tif. D’autre part, la « mobi­lo­sco­pie », c’est- à-dire le vision­nage de conte­nu audio­vi­suel sur dis­po­si­tifs por­tables de petite taille, est quant à elle au cœur de la réflexion entou­rant le « hors-ciné­ma ». Il s’agit entre autres d’étudier la consom­ma­tion de films en rap­port à celle d’autres conte­nus offerts par les ser­vices de vidéo­trans­mis­sion (Net­flix, Hulu, etc.) et d’évaluer com­ment cela affecte notre com­pré­hen­sion du ciné­ma en tant que média spécifique.

Ces recherches pour­ront béné­fi­cier d’un ensemble d’infrastructures (base de don­nées et Ency­clo­pé­die rai­son­née des tech­niques du ciné­ma  en ligne) en cours de déve­lop­pe­ment dans le cadre du par­te­na­riat inter­na­tio­nal de recherche sur les tech­niques et tech­no­lo­gies du ciné­ma, TECHNÈS (2015-2022). Nous assu­rons ain­si le main­tien de la « veille scien­ti­fique » mise en place durant la rédac­tion de La fin du ciné­ma ? afin de recen­ser dans la presse quo­ti­dienne et spé­cia­li­sée les der­nières mani­fes­ta­tions de ce ciné­ma nou­veau genre. Cette fois, en revanche, l’attention est sur­tout por­tée sur les deux sujets sus­men­tion­nés, soit les opé­ras fil­més et la mobi­lo­sco­pie. En plus des textes ain­si repé­rés et indexés dans notre base de don­nées, nous recueillons les témoi­gnages de divers pro­fes­sion­nels impli­qués dans la dif­fu­sion de conte­nu numé­rique. L’objectif de ces entre­tiens est d’enrichir l’Ency­clo­pé­die rai­son­née des tech­niques du ciné­ma de pro­pos éma­nant direc­te­ment de l’industrie des médias, offrant ain­si un com­plé­ment essen­tiel aux sources secon­daires consultées.

Montage et mutations technologiques

Cet axe est le pro­lon­ge­ment logique de celui sur l’épistémologie et l’identité du ciné­ma, puisqu’il exa­mine un exemple concret met­tant en lumière cer­tains enjeux clés de l’histoire tech­no­lo­gique et de l’identité du ciné­ma. Le choix du mon­tage n’est pas for­tuit : il s’agit d’un inté­rêt de recherche majeur dans la car­rière d’André Gau­dreault. C’est aus­si une notion capi­tale dans la façon de conce­voir la spé­ci­fi­ci­té du ciné­ma. Cet axe vise à mesu­rer l’impact des tech­no­lo­gies sur les modes de seg­men­ta­tion, de frag­men­ta­tion et d’assemblage des films, mais aus­si, par exten­sion, à décrire la rela­tion qu’entretient la tech­no­lo­gie avec l’esthétique et l’articulation nar­ra­tive des films.

À nou­veau, un rap­pro­che­ment entre le ciné­ma des pre­miers temps et le ciné­ma numé­rique sera ten­té, de manière à poser les fon­da­tions théo­riques d’un nou­veau modèle de pen­sée du mon­tage qui soit ancré dans une approche pan­his­to­rique. La Chaire vise à éva­luer com­ment les avan­cées tech­no­lo­giques ont encou­ra­gé, d’une part, le déve­lop­pe­ment du mon­tage nar­ra­tif dans les années 1900 et, d’autre part, la confla­gra­tion des pra­tiques de mon­tage ins­ti­tu­tion­nelles dans les années 2000, mais inter­roge éga­le­ment, et inver­se­ment, la façon dont les contin­gences artis­tiques et indus­trielles ont encou­ra­gé le déve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique. L’innovation tech­no­lo­gique et l’innovation artis­tique relèvent en effet d’un pro­ces­sus mutuel d’échanges et d’adaptations. C’est pour­quoi nous nous pen­chons aus­si bien sur les tech­no­lo­gies elles-mêmes que sur les dis­cours tech­niques, pro­fes­sion­nels, popu­laires qui les entourent, de manière à mettre en relief cette dyna­mique particulière.

Depuis plu­sieurs années les tra­vaux d’André Gau­dreault ont contri­bué à éclai­rer l’histoire du mon­tage, mais jamais encore sous l’angle de la tech­no­lo­gie. La résur­gence actuelle de la pro­blé­ma­tique tech­no­lo­gique incite cepen­dant à revi­si­ter cette his­toire, en s’arrêtant sur les mul­tiples tech­no­lo­gies affé­rentes ou péri­phé­riques au mon­tage. Dans quelle mesure les nou­veaux dis­po­si­tifs affectent-ils réel­le­ment la pra­tique du mon­tage ou répondent-ils à des demandes for­mu­lées par des pra­ti­ciens ? Un ques­tion­ne­ment simi­laire est pro­po­sé pour ce qui concerne l’arrivée du mon­tage non linéaire. D’une part, afin de vali­der dif­fé­rentes asser­tions répan­dues qui n’ont jamais été exa­mi­nées à la loupe his­to­rique, comme celles qui avancent l’effritement de la cau­sa­li­té nar­ra­tive ou la résur­gence de pro­cé­dés « attrac­tion­nels » typiques du ciné­ma pre­mier (boucle, appa­ri­tion-sub­sti­tu­tion, plan long) dans les films mon­tés de façon non linéaire. D’autre part, la confron­ta­tion du pas­sé et du pré­sent per­met­tra d’étoffer et de don­ner de la teneur au modèle concep­tuel vers lequel tendent d’ailleurs tous les tra­vaux de la Chaire. Toute l’originalité de ce modèle, en effet, réside dans les connexions qu’il per­met­tra d’établir entre l’histoire pas­sée et l’histoire actuelle du montage.

Publications

Publi­ca­tion de la 3e édi­tion de l’ouvrage Le récit cinématographique

André Gau­dreault et Fran­çois Jost, Armand Colin, 2017

 

À l’occasion de cette réédi­tion, les réfé­rences ciné­ma­to­gra­phiques ont été actua­li­sées, l’étude du récit a été éten­due aux séries télé­vi­sées et des ana­lyses de séquences de films et de séries ont été ajou­tées pour illus­trer l’usage que l’on peut faire des concepts.

The End of Cine­ma ? A Medium in Cri­sis in the Digi­tal Age

André Gau­dreault and Phi­lippe Marion
(trans­la­ted by Timo­thy Bar­nard), Colum­bia Uni­ver­si­ty Press, 2015

 

Is a film wat­ched on a video screen still cine­ma ? Have digi­tal com­po­si­ting, motion cap­ture, and other advan­ced tech­no­lo­gies remade or obli­te­ra­ted the craft ? Roo­ted in their hypo­the­sis of the “double birth of media,” André Gau­dreault and Phi­lippe Marion take a posi­tive look at cinema’s ongoing digi­tal revo­lu­tion and reaf­firm its cen­tral place in a rapid­ly expan­ding media landscape.

La fin du ciné­ma ? Un média en crise à l’ère du numérique

André Gau­dreault et Phi­lippe Marion, Armand Colin, 2013

 

Le numé­rique tue­ra-t-il le cinéma ?

Sub­mer­gé par la défer­lante du numé­rique, qui brouille radi­ca­le­ment les fron­tières entre les médias (ciné­ma, télé­vi­sion, BD, Inter­net, télé­pho­nie, etc.), le ciné­ma serait en train de mou­rir : la cha­leur du pho­to­chi­mique a cédé le ter­rain à la froi­deur du pixel et le hors-film a com­men­cé à enva­hir, avec ses trans­mis­sions par satel­lite, les salles dévo­lues au sep­tième art. Pour­tant le ciné­ma est par­tout : il s’inscrit sur de nou­veaux sup­ports et s’affiche sur de nou­veaux écrans. On peut néan­moins se deman­der si un film en DVD vu sur écran vidéo, c’est encore du ciné­ma, et si les images enco­dées du com­po­si­ting numé­rique et de la motion cap­ture relèvent tou­jours du cinématographique.

En s’appuyant sur leur hypo­thèse de la « double nais­sance des médias », les auteurs de La fin du ciné­ma ? Un média en crise à l’ère du numé­rique inter­rogent les sou­bre­sauts iden­ti­taires que le ciné­ma tra­verse aujourd’hui et pro­posent des clefs pour com­prendre l’impact du numé­rique sur l’univers média­tique actuel. Serions-nous en train d’assister à une troi­sième nais­sance du cinéma ?

Film and Attrac­tion : From Kine­ma­to­gra­phy to Cinema

André Gau­dreault (Trans­la­ted by Timo­thy Bar­nard), Uni­ver­si­ty of Illi­nois Press, 2011

 

Esta­bli­shing a new vision for film his­to­ry, Film and Attrac­tion : From Kine­ma­to­gra­phy to Cine­ma urges rea­ders to consi­der the impor­tance of com­plex social and cultu­ral forces in ear­ly film. André Gau­dreault argues that Edi­son and the Lumières did not invent cine­ma ; they inven­ted a device. Explai­ning how this device, the kine­ma­to­graph, gave rise to cine­ma is the chal­lenge he sets for him­self in this volume. He high­lights the for­got­ten role of the film lec­tu­rer and exa­mines film’s rela­tion­ship with other visual spec­tacles in fin-de-siècle culture, from magic sketches to fai­ry plays and pho­to­gra­phy to vaudeville.

Ciné­ma et attrac­tion. Pour une nou­velle his­toire du cinématographe

André Gau­dreault, CNRS Édi­tions, 2008

 

Reve­nir au seuil du ciné­ma, tel est le défi de cet ouvrage. Au-delà des his­toires tra­di­tion­nelles, André Gau­dreault nous montre que les frères Lumière ont inven­té, en 1895, un appa­reil de prise de vues per­met­tant la pro­jec­tion de vues ani­mées, le Ciné­ma­to­graphe, mais nul­le­ment le ciné­ma. Le ciné­ma ne s’«invente » pas, nul bre­vet à dépo­ser, mais s’institue, pro­gres­si­ve­ment et collectivement.
C’est une nou­velle approche que nous pro­pose André Gau­dreault dans cet ouvrage docu­men­té. Il res­sus­cite un uni­vers occul­té avec le boni­men­teur ou com­men­ta­teur de la pro­jec­tion, le com­plice du « vil exhi­bi­teur » ou gérant de la salle. Il nous découvre ses sources d’inspiration : du théâtre au cirque et à la pho­to­gra­phie. L’oeuvre de Méliès est ici étu­diée dans toute sa richesse et dans toutes les étapes de sa créa­tion, en par­ti­cu­lier dans son atelier.
Un nou­veau regard sur le ciné­ma, une étude indis­pen­sable sui­vie de l’édition cri­tique du fameux texte inti­tu­lé « Les vues ciné­matographiques » de Georges Méliès (1907).

From Pla­to to Lumière : Nar­ra­tion and Mons­tra­tion in Lite­ra­ture and Cinema

André Gau­dreault (Trans­la­ted by Timo­thy Bar­nard), Uni­ver­si­ty of Toron­to Press, 2009

 

Buil­ding a theo­ry of nar­ra­tive on sources as diverse as Pla­to, The Ara­bian Nights,and Proust, From Pla­to to Lumière chal­lenges nar­ra­to­lo­gi­cal ortho­doxy by posi­ting that all forms of nar­ra­tive are media­ted by an “under­lying nar­ra­tor” who exists bet­ween the author and nar­ra­tive text. In this work, Gau­dreault exa­mines the prac­tices of nove­lists, play­wrights, and film­ma­kers and applies his theo­ry to the ear­ly cine­ma of the Lumière bro­thers and more recent films. He also enhances our unders­tan­ding of how nar­ra­tive deve­lops visual­ly without lan­guage – mons­tra­tion – by detai­ling how the evo­lu­tion of the medium influen­ced nar­ra­tives in cinema.

Du lit­té­raire au fil­mique. Sys­tème du récit

André Gau­dreault, Armand Colin, 1999

 

Il est mille et une façons de racon­ter. Tel récit est livré par le tru­che­ment de cette ins­tance tex­tuelle qu’est le nar­ra­teur, tel autre semble au contraire dis­til­lé par celui-là même qui l’a com­po­sé, l’auteur. Allant à l’encontre de l’orthodoxie nar­ra­to­lo­gique en la matière, le sytème du récit sur lequel se fonde cet ouvrage revient à poser, quel que soit le cas, une ins­tance inter­mé­diaire, le nar­ra­tor, située entre l’auteur et son texte nar­ra­tif, et qui serait res­pon­sable, fon­da­men­ta­le­ment, de la com­mu­ni­ca­tion nar­ra­tive. Les pra­tiques nar­ra­tives du roman­cier, du dra­ma­tu­rage et du cinéaste sont inter­ro­gées dans la pers­pec­tive d’une ” nar­ra­to­lo­gie de l’expression “, afin de pro­je­ter un éclai­rage neuf sur les plus impor­tants prin­cipes du récit. Une relec­ture du Pla­ton de la Répu­blique et un réexa­men de cer­tains ” cas ” deve­nus clas­siques de la nar­ra­to­lo­gie (des Mille et Une Nuits à La Recherche de Proust) per­mettent de défi­nir les deux modes fon­da­men­taux de la com­mu­ni­ca­tion nar­ra­tive : la nar­ra­tion et la mons­tra­tion. A l’aide de ces concepts, on jet­te­ra ici les bases d’une théo­rie nar­ra­to­lo­gique du ciné­ma que l’on appli­que­ra d’abord au ciné­ma des pre­miers temps.

ARTICLES ÉVALUÉS PAR DES PAIRS ET CONTRIBUTIONS À DES OUVRAGES COLLECTIFS (de 2015 à 2020) :

 

« Les vues ciné­ma­to­gra­phiques selon Segun­do de Chomón ou Pro­po­si­tions pour une approche dif­fé­rente, dif­fé­ren­ciée et dif­fé­ren­tielle du “mage espa­gnol”», dans Réjane Hamus-Val­lée, Jacques Mal­thête et Sté­pha­nie Sal­mon (dir.), Les mille et un visages de Segun­do de Chomón : tru­queur, colo­riste, ciné­ma­to­gra­phiste… et pion­nier du ciné­ma­to­graphe, Vil­le­neuve d’Ascq/Paris, Presses uni­ver­si­taires du Septentrion/Fondation Jérôme Sey­doux-Pathé, 2019 (article issu d’une com­mu­ni­ca­tion pré­sen­tée au col­loque consa­cré à Segun­do de Chomón qui s’est tenu à Paris en 2017).

 

« Rési­lience du mot “ciné­ma” et per­sis­tance du média », Anais do V Simpósio Inter­na­cio­nal de Inovação em Mídias Inter­ati­vas, 2019, (ver­sion très lar­ge­ment aug­men­tée d’une com­mu­ni­ca­tion inti­tu­lée « La rési­lience du “ciné­ma” » trans­mise par vidéo­con­fé­rence le 11 mai 2018 au 5e Sym­po­sium inter­na­tio­nal sur l’innovation dans les médias inter­ac­tifs (SIIMI), orga­ni­sé par le Media Lab de l’Universidade Fede­ral de Goiás, à Goiâ­nia, au Bré­sil). En anglais « The Resi­lience of the Word “Cine­ma” and the Per­sis­tence of the Media », dans Richard Gru­sin et Joce­lyn Szc­ze­pa­niak-Gil­lece (dir.), Ends of Cine­ma, Min­nea­po­lis, Uni­ver­si­ty of Min­ne­so­ta Press, à paraître en 2020. PDF

 

« The Sublime Spit­tle of the Ope­ra Sin­ger » (avec Phi­lippe Marion), dans Ros­sel­la Cata­nese, Fran­ces­ca Scot­to Lavi­na et Valen­ti­na Valente (dir.), From Sen­sa­tion to Synaes­the­sia in Film and New Media, New­castle upon Tyne, Cam­bridge Scho­lars Publi­shing, 2019, p. 58-71 (article issu d’une com­mu­ni­ca­tion inti­tu­lée « La sublime bave du chan­teur d’opéra… », pré­sen­tée en 2014 dans le cadre de l’International Film Stu­dies Spring School, à Gori­zia, en Italie).

 

« The Double Birth Model Tes­ted against Pho­to­gra­phy » (avec Phi­lippe Marion), dans Simone Natale et Nico­let­ta Leo­nar­di (dir.), Pho­to­gra­phy and Other Media in the Nine­teenth Cen­tu­ry, Uni­ver­si­ty Park, Penn State Uni­ver­si­ty Press, 2018, p. 191-204. « Le modèle de la double nais­sance à l’épreuve de la pho­to­gra­phie », article inédit en fran­çais, qui reprend dans une nou­velle pers­pec­tive cer­tains élé­ments du cha­pitre 5 de La fin du ciné­ma ? (2013).

 

«  W. Grif­fith et l’émergence du mon­tage alter­né » (avec Phi­lippe Gau­thier), Cana­dian Jour­nal of Film Studies/Revue cana­dienne d’études ciné­ma­to­gra­phiques,vol. 26, no 2, automne 2017, p. 1-30. En anglais « D. W. Grif­fith and the Emer­gence of Cross­cut­ting », dans Char­lie Keil (dir.), A Com­pa­nion to D. W. Grif­fith, Hobo­ken, John Wiley & Sons, 2018, p. 107-136.

 

« La sto­chas­tique des cris­taux d’halogénure d’argent : l’histoire mou­ve­men­tée des pro­cé­dés ciné­ma­to­gra­phiques de res­ti­tu­tion du mou­ve­ment » (avec Solène Secq de Cam­pos Vel­ho),  Revue d’histoire du ciné­ma, n82, 2017, p. 35-52 (article issu d’une com­mu­ni­ca­tion inti­tu­lée « Les images mou­vantes ou l’“animage”, du tableau mou­ve­men­té aux images en mou­ve­ment » pré­sen­tée à Lau­sanne, en 2014, au col­loque inter­na­tio­nal Le mou­ve­ment du ciné­ma. Théo­ries et pra­tiques : his­toire et his­to­rio­gra­phie).  

 

« La punaise, le châs­sis et le pivot ! L’“arrangement maté­riel” du film selon Pathé », dans Jacques Mal­thête et Sté­pha­nie Sal­mon (dir.), Recherches et inno­va­tions dans l’industrie du ciné­ma. Les cahiers des ingé­nieurs Pathé (1906-1927), Paris, Édi­tions de la Fon­da­tion Jérôme Sey­doux-Pathé, 2017, p. 75-94 (article issu d’une confé­rence inti­tu­lée « Pra­tiques du mon­tage chez Pathé entre 1906 et 1930 : orga­ni­sa­tion du tra­vail et “com­po­si­tion” des films », don­née dans le cadre des jour­nées d’étude Les cahiers de recherche Pathé (1904-1930), à Paris en 2015). En anglais « The Tack, the Frame and the Spindle ! The “Mate­rial Arran­ge­ment” of the Film at Pathé », dans Die­go Caval­lot­ti, Simone Dot­to et Leo­nar­do Qua­re­si­ma (dir.), A His­to­ry of Cine­ma without Names/2. Contexts and Prac­ti­cal Appli­ca­tions, Milan, Mime­sis Inter­na­tio­nal, 2017, p. 101-113.

 

« T’interpeller d’entrée de jeu par ton patro­nyme », dans Rug­ge­ro Euge­ni et Maria­gra­zia Fan­chi (dir.), La galas­sia Caset­ti. Let­tere di ami­ci­zia, sti­ma, pro­vo­ca­zione, Milan, Vita e Pien­se­ro, 2017, p. 123-126.

 

« Le ciné­ma­to­graphe Lumière : inven­tion du ciné­ma ou nais­sance d’un mythe ? », dans Jean-Noël Jean­ne­ney et Jeanne Gué­rout (dir.), L’histoire de France vue d’ailleurs, Paris, Édi­tions des Arènes, 2016, p. 384-395.

 

« Les sources inédites de la notion de “plan” en ciné­ma­to­gra­phie : un coup du (de?) théâtre !», dans Vincent Amiel, Gilles Mouël­lic et José Moure (dir.), Le décou­page au ciné­ma, Rennes, Presses uni­ver­si­taires de Rennes, 2016, p. 41-62 (article issu d’une com­mu­ni­ca­tion pré­sen­tée en 2013 au col­loque de Ceri­sy Le décou­page au ciné­ma, enjeux théo­riques et poé­tiques).

 

« Défense et illus­tra­tion de la notion de série cultu­relle » (avec Phi­lippe Marion), dans Die­go Caval­lot­ti, Fede­ri­co Gior­da­no et Leo­nar­do Qua­re­si­ma (dir.), A His­to­ry of Cine­ma without Names : A Research Pro­ject, Milan, Mime­sis Inter­na­tio­nal, 2016, p. 59-71 (article issu d’une com­mu­ni­ca­tion pré­sen­tée au 22e col­loque inter­na­tio­nal Film Forum, à Udine, en 2015). En anglais « Defence and Illus­tra­tion of the Concept “Cultu­ral Series” », dans Char­lie Keil et Robert King (dir.), The Oxford Hand­book of Silent Cine­ma, Oxford, Oxford Uni­ver­si­ty Press, à paraître en 2020.

 

« Le spec­ta­teur de ciné­ma. Une espèce en pleine muta­tion face à un média en perte de repères », dans Jean Châ­teau­vert et Gilles Dela­vaud (dir.), D’un écran à l’autre, les muta­tions du spec­ta­teur, Paris/­Bry-sur-Marne, L’Harmattan/INA Édi­tions, 2016, p. 321-330. En anglais « The Cine­ma Spec­ta­tor : A Rapid­ly-Muta­ting Spe­cies Vie­wing a Medium That Is Losing Its Bea­rings », dans Alber­to Bel­trame, Giu­seppe Fidot­ta et Andrea Maria­ni (dir.), At the Bor­ders of (Film) His­to­ry, Udine, Forum, 2015, p. 191-197.

 

« De la fil­mo­lo­gie à la sémio­lo­gie : figures de l’alternance au ciné­ma » (avec Phi­lippe Gau­thier), Ciné­mas, vol. 25, nos 2-3, prin­temps 2015, p. 159-173, et « Chris­tian Metz, le mon­tage et les formes de l’alternance » (avec Phi­lippe Gau­thier), Ciné­mas, vol. 26, no 1, automne 2015, p. 95-108 (article en deux par­ties issu d’une com­mu­ni­ca­tion pré­sen­tée en 2013 à Zurich au col­loque Le para­digme sémio­lo­gique et la pen­sée « ciné­ma­to­gra­phique » de Chris­tian Metz). En anglais « Chris­tian Metz, Edi­ting, and Forms of Alter­na­tion », dans Mar­grit Tröhler et Gui­do Kirs­ten (dir.), Chris­tian Metz and the Codes of Cine­ma : Film Semio­lo­gy and Beyond, Amster­dam, Amster­dam Uni­ver­si­ty Press, 2018, p. 201-226.

 

Liste com­plète des publi­ca­tions d’André Gau­dreault ici.

Grandes conférences de la Chaire

La Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­ma­to­gra­phiques et média­tiques (2015-2022) orga­nise régu­liè­re­ment dans le cadre de ses grandes confé­rences des ren­contres avec cer­tains des meilleurs spé­cia­listes du domaine.

Vous pou­vez consul­ter les cap­ta­tions fil­mées des grandes confé­rences suivantes :

 

La Neu­rog­no­sis. Unir les arts et les sciences par la connais­sance du cer­veauVla­di­mir Hachins­ki (Wes­tern Uni­ver­si­ty), 2 mai 2019, Uni­ver­si­té de Montréal.

 

Les séries, pro­lon­ga­tion du film ? Jean-Pierre Esque­na­zi, (Uni­ver­si­té Lyon 3), 26 mars 2018, Uni­ver­si­té de Montréal.

 

Inter­ac­tion, Algo­rith­mic Assem­bly, Embo­died Mon­tage : Orga­ni­zing Sequence and Time in New Media Set­tingsWilliam Urri­chio (Mas­sa­chu­setts Ins­ti­tute of Tech­no­lo­gy), 4 mai 2017, Ciné­ma­thèque québécoise.

 

Win­sor McCay Per­forms Ger­tie (1914) : Live­ness and Ani­ma­tionDonald Craf­ton (Uni­ver­si­ty of Notre Dame), 28 sep­tembre 2016, Uni­ver­si­té de Montréal.

 

Ins­tances ciné­pho­biques dans la culture ciné­ma­to­gra­phique des pre­miers temps, Fran­ces­co Caset­ti (Yale Uni­ver­si­ty), 28 sep­tembre 2016, Uni­ver­si­té de Montréal.

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