Mauro Carbone (Université Jean Moulin Lyon 3) invité aux Grandes conférences de la Chaire en études cinématographiques et médiatiques

André Gau­dreault, titu­laire de la Chaire de recherche du Cana­da en études ciné­ma­to­gra­phiques et média­tiques, est heu­reux de vous invi­ter à assis­ter à la confé­rence de Mau­ro Car­bone, « L’ombre et le corps : pour une anthro­po­lo­gie des expé­riences écra­niques » le mer­cre­di 18 mars pro­chain, dans le cadre de la série des Grandes confé­rences de la Chaire en col­la­bo­ra­tion avec le par­te­na­riat cinEXmedia.

Mau­ro Car­bone, spé­cia­liste d’esthétique, membre hono­raire de l’Institut Uni­ver­si­taire de France, est pro­fes­seur émé­rite de Phi­lo­so­phie à l’Université Jean Mou­lin Lyon 3 (France), où il a fon­dé et dirige le Groupe per­ma­nent de Recherche « Vivre par(mi) les écrans » (https://vivreparmilesecrans.wixsite.com/vivreparmilesecrans), avec lequel il a co-diri­gé les volumes col­lec­tifs Vivre par(mi) les écrans (Dijon, Presses du réel, 2016), Voir selon les écrans, pen­ser selon les écrans (Paris, Mimé­sis, 2016), Des pou­voirs des écrans (Paris, Mimé­sis, 2018), ain­si que L’avenir des écrans (Paris, Mimé­sis, 2020). Pré­cé­dem­ment, il a été lon­gue­ment Pro­fes­seur d’Esthétique Contem­po­raine auprès de l’Università degli Stu­di de Milan. Car­bone est le fon­da­teur ain­si que l’un des direc­teurs de la revue Chias­mi Inter­na­tio­nal. Publi­ca­tion tri­lingue autour de la pen­sée de Mer­leau-Pon­ty. Dans ses recherches, il s’emploie désor­mais à pen­ser la manière dont nos pré­sentes expé­riences du visible, et tout par­ti­cu­liè­re­ment des écrans, modi­fient nos rap­ports à nous-mêmes, aux autres, au monde. C’est à ces pro­blé­ma­tiques qu’il a consa­cré ses livres per­son­nels les plus récents : La chair des images (Paris, Vrin, 2011), Être morts ensemble : l’événement du 11 Sep­tembre 2001 (Genève, Mētis­Presses, 2013), Phi­lo­so­phie-écrans (Paris, Vrin, 2016), Merleau-Ponty’s Poe­tic of the World (New York, Ford­ham, 2020) avec G. John­son et E. de Saint Aubert, ain­si que Pour une anthro­po­lo­gie des écrans : Mon­trer et cacher, expo­ser et pro­té­ger (Les presses du réel, 2026) avec G. Lingua.

Vous trou­ve­rez ci-des­sous les infor­ma­tions pratiques :

  • Titre de la confé­rence :
    L’ombre et le corps : pour une anthro­po­lo­gie des expé­riences écraniques
  • Date et heure :
    Mer­cre­di 18 mars, de 14h30 à 16h30
  • Lieu :
    Amphi­théâtre de la BLSH (local 2078), pavillon Samuel-Bronf­man de l'Université de Montréal 

Cette confé­rence explo­re­ra la signi­fi­ca­tion cultu­relle et anthro­po­lo­gique des écrans et leur rôle dans la struc­tu­ra­tion des expé­riences humaines. Elle com­men­ce­ra avec la contro­verse du fes­ti­val de Cannes de 2017 à pro­pos des films Net­flix dif­fu­sés sans sor­tie en salles, en met­tant l’accent sur la défense par Pedro Almodó­var de l’expérience immer­sive du ciné­ma et du grand écran. À la suite de quoi M. Car­bone nous pré­sen­te­ra sa notion d’« archi-écran », enten­due comme le prin­cipe trans­his­to­rique regrou­pant les couples de fonc­tions monstration/dissimulation et exposition/protection. Ces fonc­tions, enra­ci­nées dans notre corps et qui en font un « pro­to-écran », peuvent être aug­men­tées par leur exter­na­li­sa­tion en tant qu’ « objects tech­niques » (Simon­don) appro­priés, don­nant lieu ain­si une infi­ni­té d’expériences pré­his­to­riques et his­to­riques des écrans. M. Car­bone sou­tien­dra que c’est notam­ment le déta­che­ment, par la tech­nique, des ombres de nos corps, qui leur a per­mis d’entrer dans le monde du spec­tacle. À ce pro­pos, l’allégorie de la caverne de Pla­ton et la grotte de Chau­vet en France, fil­mée par Wer­ner Her­zog, seront dis­cu­tées comme des formes pré­coces d’écrans dans une pers­pec­tive non-téléo­lo­gique. Cette confé­rence fait par ailleurs suite à la publi­ca­tion du livre Pour une anthro­po­lo­gie des écrans : Mon­trer et cacher, expo­ser et pro­té­ger de Mau­ro Car­bone et Gra­zia­no Lin­gua (Dijon, Les presses du réel, 2026).